alchimistes, leur esprit, dont Arsène Lupin (Hermès-Mercure) et Larsan (qui entre et sort et traverse la matière, sans que l’on puisse expliquer comment) sont des allégories.
Reste à dire quelques mots de la croix de Malte. La croix de Malte – mais qui le sait de nos jours ? – est une came affectant la forme de cette croix, qui permet au projecteur cinématographique d’alterner toutes les 24 secondes arrêt et mouvement de l’image, afin que l’œil recompose la continuité du mouvement des personnages. Dans le film de Clint Eastwood, Bronco Billy, la croix de malte est le véritable moteur narratif. Il alterne des déplacements entre deux villes et des arrêts dans les lieux où le cirque donne ses représentations. Les frères Lumière utilisèrent un dispositif différent, une pièce triangulaire, la came de Trézel. Il est troublant de constater qu’un Trézel figure dans L’Étoile au front de Raymond Roussel et qu’il ne saurait s’agir d’une allusion au général Trézel qui combattit Abd-el-Kader, grand ami de Ferdinand de Lesseps, encore que…
Lorsque j’établis un parallélisme entre le théâtre d’ombres, le cinéma et la définition que donna Fulcanelli de l’alchimie, il semblerait que je ne sois pas le seul à avoir établi cette relation. Jean Cocteau, écrivait : « Le cinéma, c’est l’écriture moderne dont l’encre est la lumière ». Or Cocteau rédigea une préface pour Le Mystère de la chambre jaune.
Et comme il faut bien conclure, même si c’est à regrets, disons quelques mots de la cataracte provoquant la cécité de Bartlebooth, en observant que « la cabine de projection » étant privée de lumière, il n’y aura plus de … projection (alchimique, de transmutation). Cette cataracte est directement issue du procédé roussellien. Il s’agit d’une référence à la « taie sur l’O rayé » à entendre comme la taie rayant l’œil et provoquant la cataracte. Encore faut-il décliner cette affection afin de trouver « les chutes d’eaux (cataractes), susceptibles de se changer en chut ! Roussel en a pris l’idée chez Jules Verne (première image de Robur le conquérant. La scène est encadrée par un cercle, et non un rectangle ou un carré, comme c’est l’usage, barré d’un télescope), et chez Fulcanelli. Le sigma (s) et le tau (t) ou épisémon, explique ce dernier, servait chez les anciens à coder leurs textes. Quant à st, initiales de silentium, en latin, elles servaient à indiquer le secret, le silence. Autrefois, ces deux lettres formaient le symbole chimique de l’étain, métal occulté dans les textes hermétiques. Le cahier des charges, conçu par Perec, pour la rédaction de la VME, incluait le mot « étain » à utiliser au sein du chapitre 53. Vous pouvez parcourir ce chapitre dans tous les sens, ce mot n’y figure pas. À peine pourrons nous constater que le faiseur de puzzles, Winkler, ne se sert plus de la chambre où s’est éteint son amour !
Roussel insista aussi sur le « O muet, un O losangé » qui se montre pourtant très bavard. En une de ses acceptions, il est à comprendre comme un O sans son, ou encore un O point son ou poinçon. Encore faut-il savoir que ce losange ou rhombe est le symbole figurant sur le poinçon appliqué sur la production légale d’or. Cela nous ramène à la saisie des lingots par l’Hôtel de la Monnaie, lesquels étaient dépourvus de cette marque.
Le fait que Roussel fasse sans cesse référence aux livres signés Fulcanelli – André Breton s’en était fortement étonné dans Fronton virage – ne doit pas occulter que
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