Essuie-glace
La Civilisation SurrĂ©aliste – Robert Lebel – Pages 13 Ă 19
Il serait inique d’insinuer que les dadaistes et les surrĂ©alistes de la première gĂ©nĂ©ration eurent la partie belle mais le monde contre lequel ils se sont rĂ©voltĂ©s paraĂ®t Ă distance plus naĂ¯f, moins retors, plus vulnĂ©rable que le nĂ´tre. Chaque provocation, chaque scandale suscitait infailliblement les clameurs offensĂ©es des bien-pensants et donnait lieu Ă d’innombrables commentaires alarmĂ©s dans la grande presse. Vers 1930, les surrĂ©alistes dĂ©rangeaient tant de monde et faisaient si ostensiblement figure d’agitateurs publics que je fus stupĂ©fait de dĂ©couvrir, lorsque je pus enfin les connaĂ®tre, qu’ils n’Ă©taient qu’une poignĂ©e.

NĂ©anmoins c’est avec une apparente facilitĂ© que la plupart d’entre eux parvinrent Ă diffuser leurs livres ou Ă montrer leurs tableaux. Dès 1920, dans un climat de chauvinisme effrĂ©nĂ©, Les Champs magnĂ©tiques parurent au « Sans Pareil », oĂ¹ furent exposĂ©s peu après des collages de Max Ernst, un inconnu, un Ă©tranger, un « sujet ennemi » de surcroĂ®t. La publication du premier Manifeste par le « Sagittaire » en 1924 coĂ¯ncida avec celle des Pas perdus par la sacro-sainte N.R.F., oĂ¹ Aragon avait d’ailleurs devancĂ© Breton en 1921 avec son Anicet et oĂ¹ Éluard, Artaud et Crevel ne tardèrent pas Ă pĂ©nĂ©trer aussi. En 1925, Pierre Loeb accueillit un groupe considĂ©rable de peintres surrĂ©alistes dont plusieurs venaient Ă peine de dĂ©buter. Il est impensable aujourd’hui que des Ă©diteurs ou des galeries d’un renom comparable fassent Ă ce point confiance Ă des marginaux si peu conciliants.
Cependant la sociĂ©tĂ© actuelle, en Occident, se proclame plus libĂ©rale, plus « permissive » que les prĂ©cĂ©dentes, ce qui, sous certains aspects, est exact. Comment cette Ă©volution s’est-elle produite et pourquoi aboutit-elle Ă une situation beaucoup plus Ă©touffante pour les dissidents ?
DĂ©jĂ dans le Second Manifeste, supputant les risques d’une trop rapide notoriĂ©tĂ© pour un mouvement rĂ©volutionnaire, AndrĂ© Breton demandait « l’occultation profonde, vĂ©ritable du surrĂ©alisme », en ajoutant : « Pas de concession au monde et pas de grĂ¢ce. Le terrible marchĂ© en main. »
On sait que cette volontĂ© d’intransigeance allait se heurter Ă l’impĂ©ratif des Ă©vĂ©nements. Lorsqu’il devint Ă©vident que le totalitarisme constituait le pĂ©ril le plus immĂ©diat, le libĂ©ralisme, malgrĂ© sa flagrante mauvaise foi, n’en passa pas moins Ă l’Ă©tat de « moindre mal » et, bientĂ´t, de « planche de salut » pour les persĂ©cutĂ©s, rĂ©fugiĂ©s, exilĂ©s et rĂ©fractaires de tous bords.
Ressentant cette ambiguitĂ© jusqu’Ă l’angoisse, Breton entreprit de la surmonter dans ses ProlĂ©gomènes Ă un troisième manifeste du surrĂ©alisme ou non, publiĂ©s Ă New York en 1942 dans VVV, texte bouleversant de luciditĂ©, oĂ¹ le malaise filtre au travers de quelques formules laconiques, telles que : « Ce qui, en un sens dĂ©terminĂ©, se fait ressemble assez peu Ă ce qui a Ă©tĂ© voulu », ou « Toutes les idĂ©es qui triomphent courent Ă leur perte. »
Mes contacts quotidiens avec Breton Ă cette Ă©poque m’autorisent Ă tĂ©moigner que, pas un instant, il ne s’est estimĂ© vaincu. Il conservait au contraire un espoir fou dans les pouvoirs d’une « minoritĂ© sans cesse renouvelable et agissant comme levier », mais ce n’Ă©tait dĂ©jĂ qu’une opposition permanente et « fortifiĂ©e dans son principe » Ă laquelle le surrĂ©alisme lui semblait devoir dĂ©sormais consacrer son action. Encore fallait-il que cette opposition eĂ»t la possibilitĂ© de s’exprimer sans contrainte et d’Ăªtre entendue. Or le sĂ©jour de Breton aux États-Unis et la connaissance qu’il y avait acquise, Ă son corps dĂ©fendant, des mĂ©thodes de propagande les plus insidieuses, ainsi que de l’aptitude amĂ©ricaine, dĂ©jĂ notĂ©e par Karl Korsch, à « l’intĂ©gration immĂ©diate de toute contre-tendance », lui permettaient de prĂ©voir l’avènement d’une sociĂ©tĂ© si gloutonnement libĂ©rale qu’elle pourvoirait elle-mĂªme Ă sa propre contradiction.
En ouvrant ses frontières aux intellectuels et aux artistes menacĂ©s, l’AmĂ©rique songeait moins, on s’en doute, Ă sa mission de sauvegarde humanitaire qu’au prestige dont elle pourrait se parer Ă titre de protectrice de la libertĂ© d’expression. Il n’y eut donc jamais de limite Ă notre droit de tout dire et de tout publier, sauf que nos moyens fort rĂ©duits nous interdisaient d’aller au-delĂ d’une communication confidentielle. La levĂ©e des interdits lĂ©gaux fit place Ă la censure Ă©conomique.
Le dilemme du surrĂ©alisme d’après-guerre tient surtout Ă ce qu’il ne soit parvenu ni Ă se dĂ©gager de cette entrave, ni Ă s’en accommoder. Pourtant il ne restait d’autre alternative que le sabordage ou le bĂ¢illon mais le rappel du « terrible marchĂ© en main » culpabilisa le recours forcĂ© Ă un biais qui n’Ă©tait pas le plus abrupt et Breton, conscient de ce porte-Ă -faux, en fut irrĂ©mĂ©diablement affectĂ©.
Cette pĂ©riode se caractĂ©risa par un effort toujours accru d’occultation et une recherche passionnĂ©e des voies divergentes. Le surrĂ©alisme alors parut s’absenter de son temps pour s’immerger dans l’Ă©sotĂ©risme et l’utopie. L’Ă©cart absolu fut le titre significatif de la dernière exposition organisĂ©e du vivant de Breton. Il y affirmait avec une sombre violence son besoin de se dĂ©marquer Ă tout prix d’une sociĂ©tĂ© qui lui faisait de plus en plus horreur mais vers laquelle le rejetait, malgrĂ© lui, la tolĂ©rance Ă©quivoque dont il se savait entourĂ©. Circonstance aggravante, la « recherche Ă©rudite » des « petits et grands Ă©pargnants de l’esprit », dĂ©noncĂ©e jadis. dans le Second Manifeste, s’avisant que le surrĂ©alisme Ă©tait entrĂ© dans l’histoire, prononça son acte de dĂ©cès, tout en le couvrant de fleurs.
On en a conclu très vite qu’il avait Ă©tĂ© « rĂ©cupĂ©rĂ© » mais est-ce bien de cela qu’il s’agit ? Toute rĂ©cupĂ©ration suppose une appropriation, une utilisation, voire une assimilation de la substance soustraite et on cherche en vain le système, la doctrine, la « vulgate » ou la manière d’Ăªtre que le surrĂ©alisme ait imprĂ©gnĂ© ou inflĂ©chi rĂ©ellement et qui lui emprunte davantage qu’un verbalisme de pacotille ou les tics les plus Ă©limĂ©s.
Si les couples piteusement affranchis du thĂ©Ă¢tre de boulevard. s’adonnent au jeu de la vĂ©ritĂ©, si de misĂ©rables fabricants de clichĂ©s picturaux ou poĂ©tiques mettent Ă la portĂ©e de toutes les niaiseries leurs Ă©lucubrations pseudo-surrĂ©alisantes, si le journal « Le Monde » qui, jusqu’Ă la mort de Breton, le traitait avec condescendance, le cite Ă prĂ©sent Ă tout propos et l’inclut dans son palmarès très opportuniste des Ă©crivains notoires, faut-il en dĂ©duire que le surrĂ©alisme soit entrĂ©, comme on dit, « dans les oeurs »? Ce serait Ăªtre dupe de la fourberie libĂ©rale que de croire Ă un tel slogan.
Le seul exemple d’un vĂ©ritable Ă©veil surrĂ©aliste de masse a Ă©tĂ© celui de Mai 68, encore qu’il se soit situĂ© surtout au niveau de l’inconscient collectif et qu’il n’ait qu’exceptionnellement dĂ©passĂ© le stade de la revendication diffuse et non satisfaite. Il y eut d’inoubliables Ă©lans d’exaltation intuitive mais le surrĂ©alisme ne saurait s’assouvir d’un dĂ©foulement. Il ne peut se borner non plus Ă conquĂ©rir des positions politiques, puis Ă les perdre. Sinon, pourquoi ne pas tenir pour une victoire essentielle l’autorisation qu’ont obtenue enfin les gardiens de musĂ©es, et les employĂ©s des postes ou des gares, de porter les cheveux longs sous leurs casquettes ?
Le processus qui tend Ă englober le surrĂ©alisme dans le magma culturel relève plutĂ´t du « brain drain » ou drainage de cerveaux. Les Ă©conomies capitalistes ou socialistes Ă©prouvent un besoin identique d’exploiter les « talents » nĂ©cessaires au dĂ©veloppement de leur technologie mais si le totalitarisme persiste Ă faire la fine bouche et Ă craindre la contamination, le libĂ©ralisme bat sans vergogne le rappel de tous les dĂ©tenteurs supposĂ©s d’un savoir, fĂ»t-il jugĂ© jusqu’alors inutile ou nocif. Ce savoir, saisi indĂ©pendamment des idĂ©es qu’il exprime, selon la thĂ©orie des « mĂ©dia » de Mc Luhan, constitue un stimulant de base, dont on escompte qu’il Ă©lèvera le degrĂ© qualitatif du rĂ©servoir d’informations dans lequel il sera dĂ©versĂ©.
L’innovation libĂ©rale, non exempte d’une dose de masochisme, revient aussi Ă convoiter d’autant plus le stimulant qu’il Ă©mane des milieux oppositionnels rĂ©putĂ©s les plus intraitables. D’oĂ¹ les faveurs toutes spĂ©ciales dont bĂ©nĂ©ficient les transfuges, les ralliĂ©s ou les irrĂ©ductibles fatiguĂ©s qui aspirent Ă une vieillesse douillette. On se satisfera mĂªme de leur acquiescement tacite et les reniements trop cyniques leur seront Ă©pargnĂ©s. Il leur suffira de laisser ajouter leur effigie aux collections de fauves empaillĂ©s dont chaque rĂ©gime, serait-ce le plus criminel ou le plus sot, se fait honneur d’encombrer ses antichambres.
On s’Ă©tonne ou on s’indigne parfois que les artistes y soient si nombreux mais vouĂ©s par nature Ă solliciter l’approbation, le dĂ©sir ou l’Ă©cho, ils ne peuvent supporter indĂ©finiment d’en Ăªtre frustrĂ©s et leur comportement s’apparente tĂ´t ou tard Ă celui de ces femmes dĂ©daignĂ©es qui s’Ă©tiolent dans leur quĂªte Ă©perdue d’un sourire. Le pouvoir, qu’il soit totalitaire ou libĂ©ral, excelle Ă pratiquer systĂ©matiquement cette torture dont l’aspect moderne est la servitude Ă©conomique. Aussi l’artiste n’est-il, le plus souvent, qu’un producteur de marchandise sans clientèle ou, dans la conjoncture rĂ©cente, un pitre sans spectateur, il n’en sera qu’une proie plus facile pour le piĂ©geur qui daignera le distinguer.
La position des Ă©crivains en rĂ©gime libĂ©ral est comparativement plus commode car la relative latitude dont ils disposent leur crĂ©e un alibi lorsqu’ils cèdent Ă la tentation de participer Ă la logomachie ambiante. Ne sont-ils pas invitĂ©s officiellement Ă s’exprimer en toute franchise et Ă se livrer sans retenue au jeu de massacre des tabous ? Avec un peu de tartuferie native, ils auront l’illusion de vivre un autre siècle des « lumières », tant l’Ă©mulation de tout expliquer fait rage. Le virtuose de la plume au service de ce nĂ©o-super-rationalisme peut mĂªme s’offrir le luxe de mettre en cause sans risque l’Ă©criture qu’il utilise et le rĂ©gime qui l’emploie. Ainsi s’instaure le mythe du discours entièrement libre dont l’unique condition prĂ©alable est d’Ă©liminer toute zone d’ombre dans sa formuĪation. Sa clartĂ© factice, son ton pĂ©remptoire, doivent convaincre Ă la fois de sa vĂ©racitĂ© et de son objectivitĂ©. On conçoit que les derniers auteurs « difficiles », las d’Ăªtre Ă©conduits par les Ă©diteurs et harcelĂ©s par leur dĂ©mangeaison d’Ă©crire, finissent par rejoindre la quasi-totalitĂ© des littĂ©rateurs dans les usines du langage industriel, pour collaborer lucrativement Ă la nouvelle croisade « anti-obscurantiste ».
Le ramassage efficace et discret de cette main-d’oeuvre consentante est assurĂ© par les bureaux de bienfaisance de l’intelligentsia en chĂ´mage, tandis que la rĂ©surrection des morts incombe aux Ă©rudits, professeurs, historiens, compilateurs et biographes. C’est Ă eux qu’est dĂ©volu le soin de porter au crĂ©dit des Etats ou des Ă©poques les plus infĂ¢mes les existences consacrĂ©es Ă les vomir.
Pour ce qui est du surrĂ©alisme, une crispation peut-Ăªtre excessive – mais Ă qui la faute? – nous rend Ă©galement insupportables les justifications mĂ©ticuleuses des dĂ©pouilleurs d’archives et les pieux rabĂ¢chages des meilleures volontĂ©s. Au point oĂ¹ nous en sommes, l’occultation est-elle encore l’issue la plus souhaitable? Il reste d’abord Ă dĂ©finir les conditions d’une prophylaxie personnelle qui nous retienne au moins de contribuer Ă cette incontinence, faute de pouvoir y mettre un terme.
Certes nous n’avons que foutre des leçons de l’histoire, de la sagesse antique, des miracles de la science ou de l’art, nous avons pris nos distances avec l’idĂ©alisme, avec le matĂ©rialisme historique, mais ne sied-il pas d’en faire autant avec l’hermĂ©tisme, la psychanalyse et leurs succĂ©danĂ©s ? Le moment n’est-il pas venu de liquider au plus vite la conscience malheureuse et la nostalgie qui s’appesantissaient sur le surrĂ©alisme des annĂ©es 50 et 60? Il n’est mĂªme pas certain que la poĂ©sie, telle qu’on la cuisine, puisse encore nous abuser ou nous amuser. Par curiositĂ©, par indulgence ou par dĂ©rision, nous nous sommes attardĂ©s devant quelques aspects du mĂ©canisme des sociĂ©tĂ©s humaines d’autrefois ou d’ailleurs mais c’Ă©tait comme on ralentit le pas pour voir remuer des marionnettes ou pour glaner des Ă©paves.
Les fonctionnaires du mental ont bien voulu reconnaĂ®tre, il n’y a pas si longtemps, que le signifiant correspondait rarement au signifiĂ©. L’inconscient du langage, que les surrĂ©alistes tentèrent de dĂ©busquer par l’Ă©criture automatique, Ă une Ă©poque oĂ¹ ni Freud, ni Saussure n’avaient fait surface en France, est accessible aujourd’hui au moindre cuistre, au moindre policier venus.
MalgrĂ© notre rĂ©pugnance Ă partager nos aspirations avec les nouveaux riches de la rĂ©volution culturelle, nous devons convenir que le domaine public s’est Ă©normĂ©ment Ă©largi. Une sorte d’Ă©quivalence s’Ă©tablit entre les rĂ©gimes politiques, tantĂ´t exclusifs comme les totalitaires qui broient tout ce qui les dĂ©range, tantĂ´t inclusifs tels les libĂ©raux qui se gavent pĂªle-mĂªle de tout ce qui leur Ă©choit. De part et d’autre, des castes de mandarins se posent en propriĂ©taires du langage et, sous prĂ©texte d’une modernitĂ© de façade, rĂ©tablissent la scolastique dans ses prĂ©rogatives d’instrument Ă penser. Le règne de la linguistique favorise la confusion du vocabulaire et les mots rĂ©volution ou despotisme, rĂ©pression, ordre ou libĂ©ration sont devenus Ă©galement suspects.
IncorporĂ©s au libĂ©ralisme Ă la façon de ces conscrits qui n’en peuvent mais, il n’y a pas lieu pour nous de nous excuser d’avoir Ă©chappĂ© par hasard Ă des bagnes autrement fĂ©roces, pas plus qu’il ne nous est nĂ©cessaire de savoir grĂ© Ă nos maĂ®tres occasionnels de nous laisser exister, sous la seule astreinte de faire semblant de lire leur presse et leurs livres, d’Ă©couter leur radio, de regarder leur tĂ©lĂ©vision et leur cinĂ©ma.
La libertĂ© comme nous l’entendons se prend oĂ¹ on la trouve, sans fausse honte, ni scrupules superflus. Notre refus fondamental de toute obĂ©dience nous inciterait plutĂ´t Ă parasiter et Ă noyauter sans gĂªne une sociĂ©tĂ© fondĂ©e sur la falsification.
Une civilisation surrĂ©aliste, nous n’avons pas cessĂ© d’y croire, mais prenons une fois pour toutes notre parti qu’elle demeure clandestine et magnifiquement seule avec ses rĂªves,
ses Ă©nigmes, son irrespect, son insoumission, ses exigences et son mĂ©pris. Du prosĂ©lytisme moins que jamais et, plus que jamais, le dĂ©frichement de l’inconnu, de l’indicible, de l’au-delĂ des codes et des systèmes, sans excepter les nĂ´tres. Veiller aussi Ă mobiliser notre enthousiasme pour ce qui se manifeste de vraiment neuf et d’authentiquement libĂ©rateur. C’est Ă ce niveau que l’occultation peut se rĂ©vĂ©ler opĂ©rante et que l’avertissement de Breton : « Toutes les idĂ©es qui triomphent courent Ă leur perte », acquiert sa pleine valeur prĂ©monitoire.
Robert LEBEL




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